Mauvaise nouvelle pour les fumeurs
Vous fumez au Sénégal? Mauvaise nouvelle pour vous qui avez jeté votre dévolu sur la marque« Marlboro ». Le paquet de cigarette, introuvable depuis quelques jours, est vendu à 700 francs dans le marché noir. La grosse, qui s’échangeait à 4500 francs, est passée à 6 000 francs voire plus.
Depuis quelques jours, les fumeurs, surtout ceux qui ont jeté leur dévolu sur la marque Marlboro font grise mine. La simple raison est que cette cigarette est subitement devenue introuvable dans le marché. Le paquet, qui coûtait 500 francs, va devoir connaître une hausse vertigineuse avec l’entrée du nouveau code des impôts. Il faudra ajouter au prix précité plus de 200 francs.
Ce qui veut dire que les fumeurs ne trouveront plus un paquet à moins de 700 francs. Pour la première fois depuis sa mise en vente au Sénégal, le Marlboro (le paquet le plus vendu avec près de 25% de parts de marché) passera la barre des 600 francs. Le coup est rude pour les consommateurs. «C'est la première fois que je me demande vraiment si je ne devrais pas arrêter», lâche Abdou Fall, en sortant du building administratif, un paquet de cigarette Excellence à la main. Plus de 30% des Sénégalais sont des fumeurs réguliers.
Les soupçons de la hausse sont perceptibles depuis quelques temps où trouver une clope de Marlboro est quasi impossible. Les boutiquiers et autres vendeurs, qui détenaient des stocks, en ont profité pour augmenter avant date. «Depuis deux jours, je n’achète plus la cigarette à la boutique du coin », confie Mourtalla Guèye, 49 ans, professeur dans un lycée de la place ». Chez les boutiquiers, il suffit qu’un client affiche sa disposition à payer plus cher le paquet pour que son interlocuteur lui présente la marchandise, parfois même, des stocks de cartouches. C'est un vrai business», réagit Alassane Sall, fumeur domicilié à Grand Yoff. Il faut dire que cette haute du prix de la cigarette était perceptible depuis quelques jours. Même si elle n’a pas été officiellement annoncée, elle se susurrait et devrait rapporter gros au trésor public. En tout cas, crise oblige, c'est une véritable guerre qui semble être déclarée aux fumeurs.
Rouler son tabac ou arrêter de fumer
C'est la deuxième fois consécutive que les cigarettes enregistrent une telle hausse. Mais pour la première hausse, les prix avaient été ramenés à leur coût initial après quelques semaines de pratique. Si elles sont bénéfiques pour les caisses de l'Etat, ces hausses ne s'accompagnent pas forcément d'une baisse de consommation. Les associations anti-tabac estiment, en effet, que toute hausse inférieure à 50% n'a pas d'effet sur la consommation. Malgré ces relèvements successifs du prix du tabac, près de 30% des Sénégalais fument encore régulièrement. La hausse des prix est tout de même un levier efficace pour faire baisser la consommation de tabac, en encourageant certaines personnes (peu dépendantes, jeunes, etc.) à ne pas commencer ou à arrêter de fumer. Il faut aussi noter que les hausses du prix de la cigarette ne sont pas toujours synonymes d’entrées de recettes. Selon une estimation de la douane, le tabac fait partie des produits pour lesquels le marché parallèle, celui de la contrebande, fonctionne à merveille.
Face à la montée des prix, le tabac à rouler ou à tuber, acquis à meilleur marché, est devenu très prisé des jeunes. Les sachets de tabac à rouler qui se paient 25 à 50 francs s’imposent aujourd’hui comme alternative à la hausse. Il est devenu le tabac des fumeurs qui ne peuvent changer de cigarette du jour au lendemain. L’autre solution consiste à arrêter de fumer. "Cette fois-ci, c'est trop cher, j'arrête", insiste Moussa, un étudiant de l’Ucad, qui dénomme « Yonou Watatou » le slogan de « Yonou Yokouté » tant chanté par les nouvelles autorités. Arrêter de fumer, c'est la résolution que beaucoup avaient prise, quand le paquet était passé à 600 francs.