mardi 11 juin 2013

INTERVIEW AVEC ISIS NOOR YALAGI, BLOGUEUSE MARTINICO-TOGOLAISE : “L’Union africaine n’existe pas”


 Isis NoorYalagi,  une blogueuse martinico-togolaise, ne croit pas en l’Union africaine.  Invitée d’E-jicom (Ecole Supérieure de Journalisme des Métiers de l’Internet et de la Communication), le mercredi 05 juin 2013, elle revient dans cet entretien sur ses ambitions pour la jeunesse africaine et son désaccord avec les gouvernements africains. Elle partage également sa vision sur les problèmes d’environnement.

Union Africaine
« Elle n’a rien fait, elle est inexistante.  C’est aux peuples de décider quelle union africaine ils veulent. Parce qu’en Afrique, il est impossible d’avoir un seul passeport. Les peuples n’arrivent pas  à se déplacer facilement d’un pays à  un autre. Nous devons en tant que peuple souverain, travailler, faire des comités et faire des propositions à notre niveau. Il est temps que l’Afrique soit unie, que nous ayons un seul passeport. Il faut que la donne change. Et c’est à nous de le faire. Cela  doit venir de la base, nous ne pouvons rien attendre de ces gens qui sont en haut parce qu’ils ne voient pas l’intérêt du peuple ».
Ses ambitions pour l’Afrique
« J’estime que la jeunesse africaine qui constitue 75% de la population dont 41% a moins de 15 ans, est réellement le devenir du continent. Il est urgent aujourd’hui de s’occuper de cette jeunesse. Nous devons nous investir pour que les jeunes puissent avoir une  bonne éducation afin de prendre en charge le devenir de l’Afrique.
Son désaccord avec les  Gouvernements africains
Je n’ai rien à faire avec les gouvernements, parce que je n’y crois pas. Moi je suis mes propres idées. Ce ne sont pas des gouvernements qui s’occupent de l’être humain. Parce qu’un gouvernement qui ne permet pas à sa population de pouvoir se soigner, se former gratuitement, se nourrir et vivre en paix n’est pas une gouvernance à laquelle je devrais faire confiance. Donc je ne crois pas en  elle. Par contre je dis que le peuple est, lui, légitime. C’est parce qu’il y’a eu des peuples qu’il  a eu des gouvernements. Je pense que l’on doit  revenir à une société civile consciente qui peut prendre les choses en main et qui peut faire les choses. Je crois que c’est à nous de décider avec des structures qu’on a, faire des associations des jeunes des quartiers, des associations conscientes. Elles peuvent prendre en charge leur environnement en mettant des poubelles pour le tri, informer et sensibiliser la population.


Sa vision sur la journée mondiale de l’environnement
« Beaucoup de journées existent, mais celle de l’environnement est l’une des plus importantes. Quoi de plus précieux que de boire une eau saine et de respirer un air sain ? Je  demande à tous les hommes de faire en sorte  que nous puissions revenir à un environnement de qualité. Arrêtons de consommer tout et n’importe quoi à tout bout de champ. Faisons attention à ce que nous consommons. 
 La deuxième chose qui, aujourd’hui, est réellement mon cheval de bataille est l’agro écologie et l’écologie. Nous avons tellement abusé de la terre et tellement mal traité que nous sommes à un point de non retour.
L’écologie et l’agro écologie ne sont pas venues comme ça. Ce sont des gens qui se sont battus. Je crois aux petits comités pour changer les choses. Je ne crois pas que ce doit venir des gouvernances, c'est-à-dire de la tête vers la base. Mais cela doit partir de la base vers la tête parce que le peuple est souverain.


vendredi 31 mai 2013

MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE MAI 1968: 45 ANS APRES: Une révolte populaire qui a surpris tout le monde

Revoir la légende autour du président Senghor, c’est ce qu’a demandé le Professeur Abdoulaye Bathily, lors de la commémoration des événements de mai 1968, hier.  Il  animait, aux côtés d’autres acteurs de ces événements, une table ronde au centre de recherche ouest africain (Warc), sur ce soulèvement populaire dont l’ampleur, avait à l’époque surpris tout le monde.

Le mois de mai de l’année 1968, est gravé sur les tablettes de l’histoire politique du Sénégal. Huit ans seulement après l’accès à la souveraineté internationale, l’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale française (AOF) allait vivre un soulèvement populaire sans précédent. Et, ce qui était parti pour n’être qu’un mouvement d’humeur de la classe estudiantine avait fini de toucher une population frappée par la misère et le musellement orchestré par le régime senghorien. La pire crise politique à laquelle le président, Léopold Sédar Senghor ait eu à faire face depuis l’indépendance. « Le malentendu entre les étudiants et Senghor a occasionné une révolte de la classe estudiantine. Il y’a eu soulèvement populaire. Le mouvement prend la place de classe politique. L’université et les écoles publiques de Dakar, Thiès et Saint Louis ont été fermées. Mai 68 est parvenu à mettre à genou le gouvernement. La grève avait surpris Senghor et gouvernement », a soutenu Monsieur Ousmane Camara, ancien directeur de la sureté nationale.
Selon le ministre conseiller, Pr Abdoulaye Bathily, cette grève n’avait pas seulement surpris Senghor, mais tout le monde, vu son ampleur. « Cette grève surpris tout le monde. Les étudiants aussi étaient surpris de l’ampleur du mouvement. Cette rencontre pour la commémoration des 45 ans de mai 68 permet aux gens de se projeter vers l’avenir. Car c’est un événement majeur de la vie et de l’histoire politique de notre pays », a-t-il précisé.
Par ailleurs, il demande de revoir la légende autour du président Senghor. A en croire le Pr Bathily, «  cette légende ne correspond pas à la réalité. Quand les étudiants sont en mouvement, le régime du premier président, Léopold Sédar Senghor, a sorti l’artillerie lourde pour les réprimer. Pour cela tous les moyens étaient bons. Le Sénégal était colonisé par le capital français. C’est pourquoi, il y a eu un réquisitoire contre la politique économique de Senghor. La traque des étudiants était une sorte de détonateur. Car  en ce moment il n’y avait pas d’indépendance mais plutôt  transfert de compétence. Il a fallu la révolte populaire pour contraindre le pouvoir a lâché du lest ».
Pour lui,   mai 1968 n’est pas seulement sénégalais, mais un mouvement africain.
Mbye Cham, ancien étudiant gambien, un des acteurs de cet événement et actuellement professeur à Haward University, dans sa correspondance lue par le professeur Ousmane Sène, directeur du Warc, se rappelle, « le jour où les soldats ont fait irruption  sur le campus, nous étions massés autour de la porte principale sur la corniche. Et dès qu’ils ont commencé à avancer, nous nous sommes dispersé pour rejoindre nos chambres ».
Et de poursuivre « je n’oublierai jamais ce géant soldat sénégalais qui avait brutalement fait irruption dans notre chambre et qui s’est emparé de moi. Chétif que j’étais, à l’époque et m’a jeté dans le camion avec les autres. Nous avons appris par la suite que certains étudiants sénégalais ont été enrôlés de force dans l’armée ».
Pour ceux l’ont vécu, c’est un souvenir. Pour ceux qui n’étaient encore nés, c’est un mythe. Mais quoi qu’il en soit, mai 68 reste une référence incontournable.
souleymane NDIAYE



mercredi 22 mai 2013

Baromètre de notoriété : quelles opportunités pour le Sénégal ?



Le baromètre, un instrument inventé en 1643 par le physicien et mathématicien italien Evangelista Toricelli, sert à mesurer la pression atmosphérique et, accessoirement, à déterminer de manière approximative l'altitude. Aujourd’hui, le terme est souvent utilisé en sciences sociales pour désigner des variations ou tendances au sein de la société. Ne dit-on pas, à ce sujet, que la presse est le baromètre de l'opinion publique?




Dans le domaine des études et des sondages, le baromètre caractérise un travail, généralement répété à intervalles réguliers, dont l'objectif est de cerner les contours d'une variable étudiée, telle que des hommes politiques et des célébrités, mais aussi des entreprises ou institutions, des marques ou même des événements. Un tel instrument fait partie des outils destinés à jauger la popularité des acteurs politiques et sociaux, dans les pays développés. En France, par exemple, une dizaine d'organismes proposent des baromètres mensuels de popularité, publiés dans des journaux tels que Libération, Paris-Match, Le Journal du Dimanche, Les Echos, Le Point, etc. L'un de ces baromètres, celui de l'Institut français d'opinion publique (IFOP), existe depuis plus de cinquante ans.

En dehors des sondages relatifs aux intentions de vote, ces baromètres, selon l'appréciation de Nicolas Kaciaf, maître de conférences en science politique et membre du Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) de Versailles Saint-Quentin, sont « ceux qui suscitent le plus d'échos dans les milieux dirigeants ». Les hommes politiques et leurs entourages, affirme cet universitaire, « les attendent avec impatience et anxiété, tandis que les journalistes politiques s’en servent systématiquement de repères pour analyser l’actualité politique ». Avec, comme matière première, des personnalités qui, à l'instar de la bourse et au gré du contexte, deviennent des valeurs haussières ou baissières.

Collecte de l’information

A quoi peut bien servir un baromètre au Sénégal? Un baromètre peut participer à une meilleure connaissance de l’opinion publique par rapport aux personnalités, institutions, marques ou événements sondés – les « variables » – et permet d'avoir des informations sur le degré de satisfaction de l’opinion par rapport à ces variables. Il permet aussi de livrer aux journalistes de précieuses informations pour fonder et améliorer leurs analyses des faits économiques, politiques et sociaux.

Les acteurs, objet du sondage, peuvent utiliser le baromètre pour engager des initiatives stratégiques dans le but de mieux gérer leur popularité. Dans un tout autre domaine, sur le plan économique, les responsables de marketing des marques peuvent se servir du baromètre pour évaluer et affiner leurs plans de communication. Car un baromètre de notoriété n'est pas irrémédiablement et exclusivement destiné à mesurer la cote des hommes politiques, il peut aussi servir à des objectifs directement économiques, plus « concrets », permettant aux entreprises d'évaluer leurs produits et services et, surtout, de les rendre plus conformes aux besoins et aux préoccupations des consommateurs.

Enfin, dans le cadre de leurs travaux, les résultats d'un baromètre sont toujours utiles aux chercheurs en communication et aux analystes politiques; car un baromètre, c'est, avant tout, une source de faits et de chiffres, matière première des chercheurs. Ces derniers éprouvent énormément de difficultés, en Afrique, à réunir des informations relatives à leurs sujets d'études. Même si les sources existent, explique un spécialiste sénégalais des sondages, « les pièces à assembler sont tellement nombreuses que cela décourage, dans la plupart des cas, les chercheurs ». D'où la nécessité d'organiser la collecte des données et d'en favoriser le bon traitement. Naturellement, la méthodologie utilisée pour conduire les études doit rester rigoureusement identique, car c'est d'elle que dépendent la fiabilité et l'acceptabilité des résultats publiés.

Popularité ou notoriété

Une multiplication d'initiatives de ce genre ne peut être que bénéfique pour le développement de la recherche, car les informations agrégées et traitées alimentent les travaux. Sur la durée, les journalistes, les chercheurs et les analystes bénéficient d'éléments objectifs de comparaison pour commenter les faits politiques, économiques ou sociaux. On saura par exemple, grâce au baromètre, que tel président de la République, après cent jours, aura été plus populaire que tous ses prédécesseurs ou, au contraire, se sera révélé le moins populaire de tous au terme de cette période.

Mais faut-il parler de baromètre de popularité, de notoriété? La question n'est pas anodine, car les deux termes présenteraient quelques nuances. Selon certains, en effet, on peut avoir une notoriété sans avoir une popularité. Un éthicien canadien, René Villemure, distingue la popularité et la notoriété. Etre populaire, dit-il, c'est « être aimé du plus grand nombre », alors qu'être notoire, c'est « être connu du plus grand nombre ».

Mais d'autres opposent aussi popularité et notoriété (toutes deux ne seraient que le fait d'être connu du plus grand nombre dans une sorte de « réputation sans exigence ») à la crédibilité (qui serait une bonne réputation construite dans le temps). La popularité ou la notoriété renverrait, à une simple médiatisation exposant la personnalité, l'institution, la marque ou l'événement concerné à une visibilité exceptionnelle, sans que cela soit forcément lié à un jugement positif de la part du public.

Opportunités pour le Sénégal

Les sources pouvant servir à renseigner un baromètre sont principalement : la presse, les enquêtes de terrain et de l'Internet. L'enquête ou l'étude, en vue de l'établissement d'un baromètre, n'a pas obligation de retenir toutes les sources de données. L'accent peut être mis sur quelques-unes d'entre elles, voire sur une et une seule source pour aboutir, à travers une méthodologie appropriée et une rigueur sans faille, à des résultats fiables. Mais le travail préparatoire doit toujours comporter, à la base, de bonnes études qualitatives et quantitatives et souvent requérir l'utilisation permanente des données des médias.

Dans toutes les démocraties avancées, l'information est complétée et soutenue par des études et sondages réalisés grâce à des travaux scientifiques menés avec la démarche méthodologique qui sied. Ce genre d'informations, constitue aussi – et c'est important dans le contexte mondial actuel − une précieuse aide à la bonne gouvernance.

Au Sénégal, quelques organismes spécialisés effectuent des sondages sur une variété de thèmes et de centres d'intérêt, en fonction de leurs cibles ou clients. La presse elle-même en publie parfois les résultats, basés sur des enquêtes réalisées sur un échantillon qui se veut représentatif de la population. A ce jour, il n'existe pas cependant, dans notre pays, de baromètre permettant de connaître, avec suffisamment de scientificité et avec la régularité d'un métronome (chaque mois, par exemple), la popularité des personnalités publiques, voire de certains événements importants ou des institutions. Il va sans dire que la disponibilité d'informations issues d'un baromètre de notoriété, ne peut que constituer des opportunités pour le Sénégal.

vendredi 17 mai 2013

INSECURITE DANS LA PRATIQUE DU METIER DE JOURNALISME : 121 journalistes tués dont 21 africains en 2012

A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de presse ; le rapport de l’Unesco révèle que 121 journalistes ont été tués au cours de l’année 2012. 
Le document souligne, indique, relève que les professionnels des médias,  rencontrent des difficultés dans l’exercice de leur métier.  L’adoption du nouveau Code de la presse a été aussi évoquée au cours de l’édition 2013 de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Cette 20e édition de la journée mondiale de la liberté de la presse ; célébrée ce 3 mai ; a commencé par l’observation d’une minute de silence à la mémoire  des journalistes assassinés au courant de l’année 2012 et 2013.
L’Unesco a fait le bilan des violences que les journalistes ont subies dans le cadre de l’exercice de leur métier. Ainsi ; à travers le thème : « Parler sans crainte ; assurer la liberté d’expression dans tous les médias » ; l’Unesco a fait de la sécurité des journalistes une priorité dans le processus démocratique des pays.  « Assurer la sécurité des journalistes reste un défi ; car on note une tendance à l’augmentation des assassinats des journalistes ; des professionnels des médias et des producteurs des médias sociaux. Au cours de l’année 2012 ; la direction générale de l’Unesco a condamné le meurtre de 121 journalistes ; presque le double des chiffres de 2010 et 2011 » ; a souligné le rapport de l’Unesco.
Dans son message ; présenté par la représentante et directrice du bureau de PAM (programme alimentaire mondiale) ; Madame Ingeborg Maria Breuer ; Ban Ki Moon ; le Secrétaire général de l’ONU (Organisation des Nations Unies) a révélé les difficultés auxquelles les journalistes sont confrontées dans l’exercice de leur métier.
Une ambition qui vise à briser le cercle vicieux de l’impunité qui entrave le fonctionnement du métier de journaliste.
« Chaque jour ; la liberté d’expression fait face à de nouvelles menaces. Parce qu’elle contribue à garantir la transparence et la responsabilité dans les affaires publiques ; que les journalistes sont souvent la cible de violence. Plus de 600 journalistes ont été tués au cours des 10 dernières années et ; parmi eux ; beaucoup n’exerçant pas dans les zones de conflits. Il persiste un climat d’impunité : neuf journalistes sur dix restent impunis. Les professionnels des médias sont aussi trop nombreux à être victimes d’intimidations ; de menaces et de violences. Trop nombreux ; à être soumis à la détention arbitraire et à la torture ; souvent sans recours légal » ; peut-on lire dans le message.
Pour faire face à ces dérapages qui font obstacles à la démocratie ; le Secrétaire général de l’Onu pense que : « nous devons nous montrer fermes face cette forme d’insécurité et d’injustice »
D’autres personnalités présentes ce 3 mai ; ont délivré des messages allant dans le sens de la sécurité et de la protection des journalistes.
Au total ; 21journalistes africains ont perdu leur vie dans l’exercice de leur métier ; selon le Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) ; Ibrahima Khaliloulah Ndiaye. Ne se limitant pas à cela ; il va jusqu’à dénoncer les conditions précaires des journalistes. «  La réalité dans les entreprises de presse ; pas toutes ; heureusement ; c’est que de nombreux reporters sont livrés à eux-mêmes ; sans contrat de travail en bonne et due forme ; sans salaire. Nombreux sont les reporters qui ne bénéficient pas de conditions adéquates » ,a relevé M Ndiaye.
Des journalistes victimes d’agressions et de menaces ont aussi raconté leur mésaventure  dans l’exercice de leur métier; des témoignages frappants.

Le gouvernement est favorable à l’adoption du nouveau Code de presse ; selon le ministre de la communication.


Venu présidé la commémoration de la journée mondiale de la liberté de la presse ; le ministre de la communication des télécommunications et de l’économie numérique a soutenu que « le gouvernement est favorable à l’adoption du nouveau code de la presse. Le Sénégal ne peut pas se payer de luxe de ne pas avoir un code de presse ».
Les dérapages sont là. Mais le ministre a invité les journalistes à la responsabilité ; pour éviter ; les dérapages qui causeront  beaucoup de problèmes ; selon Cheikh  Mamadou Abiboulaye Dièye ; ministre de la communication ; même si le code est mis en vigueur ; sans preuve de responsabilité des acteurs ; le dispositif sera vain. « Nous pouvons disposer d’un arsenal de textes les plus consensuels possibles ; mais sans un encadrement ; sans la responsabilité du journaliste dans la collecte ; le traitement et la diffusion ; sans un respect des valeurs d’éthique et de déontologie ; nous assisterons toujours à des dérapages qui ne feront pas honneur à la profession elle-même » ; a précisé Cheikh Bamba Dièye.
La presse doit être indépendante. C’est elle qui garantit la bonne gouvernance. Pour le ministre ; la presse doit être au service de l’intérêt public et non à l’intérêt d’un groupe. « Il est illusoire de parler de bonne gouvernance ; sans médias indépendant. Mais pour le faire la presse ne doit pas être au service d’un groupe mais plutôt au service de l’intérêt général » ; a mentionné le ministre.
D’autres formes de violences à l’encontre des journalistes existent selon Ibrahima Khaliloulah Ndiaye. « Il s’agit de celle là insidieuse souvent ignorée et tuée ; mais qui vient d’où on l’attend moins : l’exploitation des journalistes dans les entreprises de presse » ; a-t-il dénoncé.

vendredi 1 mars 2013

Les mamans de l'indépendance


Pour imprégner les jeunes d’une partie de l’histoire de l’indépendance du Sénégal qui leur était jusque-là méconnue, le film-documentaire de Diabou Bessane,  Les mamans de l’indépendance, a été projeté vendredi dernier, à la salle de conférence de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad 2). Ce documentaire, qui a pour but de réparer un devoir de mémoire, va permettre par la même occasion aux jeunes de prendre comme modèles ces braves femmes. 
Raconter aux jeunes le rôle important que les femmes ont joué pour l’indépendance du Sénégal, c’est le but que s’est fixé le Warc en diffusant le film documentaire de Diabou Bessane Les Mamans de l’indépendance, dans la salle de conférence de l’Ucad 2. Seulement, les jeunes qui ont répondu à l’appel n’ont pas été nombreux. Mais les rares présents à cette projection de film ont été émus par l’histoire racontée par les acteurs même de cette lutte. Selon certains de ces jeunes, ce film est instructif. Deux jeunes filles qui étaient présentes dans cette salle ont témoigné toute leur fierté de savoir la lutte «acharnée qui a été menée par ces braves femmes. »
Dans le but de réparer l’oubli de cette page de l’histoire de l’indépendance du Sénégal où ces femmes ne sont pas citées, les intervenants au débat qui a suivi la projection ont souhaité que l’opinion soit éclairée. Pour cela, ils ont proposé que ce film fasse l’objet d’une grande diffusion lors de la journée internationale de la femme (le 8 mars prochain).
A côté de ces jeunes, la salle de conférence de l’Ucad 2 a aussi accueilli des intellectuels, des acteurs culturels, des politiques, des militants des mouvements associatifs. Pour la majorité de ces cinéphiles, ce film leur a donné des renseignements qui jusque-là leur étaient méconnus. C’est le cas de la question de la parité qui a été déjà soulevée par ces femmes dans les années 1960 ou encore le rôle important que ces femmes avait joué pour accueillir le général De gaulle en 1958 dans le but de réclamer l’indépendance du Sénégal. Puisque les actrices de cette époque révèlent dans ce documentaire que les slogans qui étaient écrits sur les murs, la chaussée et les pancartes étaient pour la plupart leurs œuvres.  Revenant sur le titre de ce documentaire et le nom de «Mamans des indépendances» qui a été choisi pour honorer la bravoure de ces femmes qui ont été d’un grand apport pour que le Sénégal accède à la souveraineté internationale, Annette Mbaye D’Erneville (Première femme di­plômée journaliste du Sénégal) a estimé que le mot était faible pour les désigner. D’après elle, la réalisatrice aurait dû choisir quelque chose de très fort comme par exemple «Amazones, combattantes de l’indépendance». Tout comme elle, l’assistance a toutefois reconnu le mérite de la réalisatrice qui a eu à soulever cette question et à ainsi accomplir un devoir de mémoire à l’endroit de ces femmes. 

samedi 5 janvier 2013

L'augmentation du prix de tabac


Mauvaise nouvelle pour les fumeurs


Photo : MAUVAISE NOUVELLE POUR LES FUMEURS: LA GROSSE DE CIGARETTE PASSE DE 4500 A 6000 FCFA

Vous fumez au Sénégal? Mauvaise nouvelle pour vous qui avez jeté votre dévolu sur la marque« Marlboro ». Le paquet de cigarette, introuvable depuis quelques jours, est vendu à 700 francs dans le marché noir. La grosse, qui s’échangeait à 4500 francs, est passée à 6 000 francs voire plus.
Depuis quelques jours, les fumeurs, surtout ceux qui ont jeté leur dévolu sur la marque Marlboro font grise mine. La simple raison est que cette cigarette est subitement devenue introuvable dans le marché. Le paquet, qui coûtait 500 francs, va devoir connaître une hausse vertigineuse avec l’entrée du nouveau code des impôts. Il faudra ajouter au prix précité plus de 200 francs.
Ce qui veut dire que les fumeurs ne trouveront plus un paquet à moins de 700 francs. Pour la première fois depuis sa mise en vente au Sénégal, le Marlboro (le paquet le plus vendu avec près de 25% de parts de marché) passera la barre des 600 francs. Le coup est rude pour les consommateurs. «C'est la première fois que je me demande vraiment si je ne devrais pas arrêter», lâche Abdou Fall, en sortant du building administratif, un paquet de cigarette Excellence à la main. Plus de 30% des Sénégalais sont des fumeurs réguliers.
Les soupçons de la hausse sont perceptibles depuis quelques temps où trouver une clope de Marlboro est quasi impossible. Les boutiquiers et autres vendeurs, qui détenaient des stocks, en ont profité pour augmenter avant date. «Depuis deux jours, je n’achète plus la cigarette à la boutique du coin », confie Mourtalla Guèye, 49 ans, professeur dans un lycée de la place ». Chez les boutiquiers, il suffit qu’un client affiche sa disposition à payer plus cher le paquet pour que son interlocuteur lui présente la marchandise, parfois même, des stocks de cartouches. C'est un vrai business», réagit Alassane Sall, fumeur domicilié à Grand Yoff. Il faut dire que cette haute du prix de la cigarette était perceptible depuis quelques jours. Même si elle n’a pas été officiellement annoncée, elle se susurrait et devrait rapporter gros au trésor public. En tout cas, crise oblige, c'est une véritable guerre qui semble être déclarée aux fumeurs.
Rouler son tabac ou arrêter de fumer
C'est la deuxième fois consécutive que les cigarettes enregistrent une telle hausse. Mais pour la première hausse, les prix avaient été ramenés à leur coût initial après quelques semaines de pratique. Si elles sont bénéfiques pour les caisses de l'Etat, ces hausses ne s'accompagnent pas forcément d'une baisse de consommation. Les associations anti-tabac estiment, en effet, que toute hausse inférieure à 50% n'a pas d'effet sur la consommation. Malgré ces relèvements successifs du prix du tabac, près de 30% des Sénégalais fument encore régulièrement. La hausse des prix est tout de même un levier efficace pour faire baisser la consommation de tabac, en encourageant certaines personnes (peu dépendantes, jeunes, etc.) à ne pas commencer ou à arrêter de fumer. Il faut aussi noter que les hausses du prix de la cigarette ne sont pas toujours synonymes d’entrées de recettes. Selon une estimation de la douane, le tabac fait partie des produits pour lesquels le marché parallèle, celui de la contrebande, fonctionne à merveille.
Face à la montée des prix, le tabac à rouler ou à tuber, acquis à meilleur marché, est devenu très prisé des jeunes. Les sachets de tabac à rouler qui se paient 25 à 50 francs s’imposent aujourd’hui comme alternative à la hausse. Il est devenu le tabac des fumeurs qui ne peuvent changer de cigarette du jour au lendemain. L’autre solution consiste à arrêter de fumer. "Cette fois-ci, c'est trop cher, j'arrête", insiste Moussa, un étudiant de l’Ucad, qui dénomme « Yonou Watatou » le slogan de « Yonou Yokouté » tant chanté par les nouvelles autorités. Arrêter de fumer, c'est la résolution que beaucoup avaient prise, quand le paquet était passé à 600 francs
Vous fumez au Sénégal? Mauvaise nouvelle pour vous qui avez jeté votre dévolu sur la marque« Marlboro ». Le paquet de cigarette, introuvable depuis quelques jours, est vendu à 700 francs dans le marché noir. La grosse, qui s’échangeait à 4500 francs, est passée à 6 000 francs voire plus.
Depuis quelques jours, les fumeurs, surtout ceux qui ont jeté leur dévolu sur la marque Marlboro font grise mine. La simple raison est que cette cigarette est subitement devenue introuvable dans le marché. Le paquet, qui coûtait 500 francs, va devoir connaître une hausse vertigineuse avec l’entrée du nouveau code des impôts. Il faudra ajouter au prix précité plus de 200 francs.
Ce qui veut dire que les fumeurs ne trouveront plus un paquet à moins de 700 francs. Pour la première fois depuis sa mise en vente au Sénégal, le Marlboro (le paquet le plus vendu avec près de 25% de parts de marché) passera la barre des 600 francs. Le coup est rude pour les consommateurs. «C'est la première fois que je me demande vraiment si je ne devrais pas arrêter», lâche Abdou Fall, en sortant du building administratif, un paquet de cigarette Excellence à la main. Plus de 30% des Sénégalais sont des fumeurs réguliers.
Les soupçons de la hausse sont perceptibles depuis quelques temps où trouver une clope de Marlboro est quasi impossible. Les boutiquiers et autres vendeurs, qui détenaient des stocks, en ont profité pour augmenter avant date. «Depuis deux jours, je n’achète plus la cigarette à la boutique du coin », confie Mourtalla Guèye, 49 ans, professeur dans un lycée de la place ». Chez les boutiquiers, il suffit qu’un client affiche sa disposition à payer plus cher le paquet pour que son interlocuteur lui présente la marchandise, parfois même, des stocks de cartouches. C'est un vrai business», réagit Alassane Sall, fumeur domicilié à Grand Yoff. Il faut dire que cette haute du prix de la cigarette était perceptible depuis quelques jours. Même si elle n’a pas été officiellement annoncée, elle se susurrait et devrait rapporter gros au trésor public. En tout cas, crise oblige, c'est une véritable guerre qui semble être déclarée aux fumeurs.
Rouler son tabac ou arrêter de fumer
C'est la deuxième fois consécutive que les cigarettes enregistrent une telle hausse. Mais pour la première hausse, les prix avaient été ramenés à leur coût initial après quelques semaines de pratique. Si elles sont bénéfiques pour les caisses de l'Etat, ces hausses ne s'accompagnent pas forcément d'une baisse de consommation. Les associations anti-tabac estiment, en effet, que toute hausse inférieure à 50% n'a pas d'effet sur la consommation. Malgré ces relèvements successifs du prix du tabac, près de 30% des Sénégalais fument encore régulièrement. La hausse des prix est tout de même un levier efficace pour faire baisser la consommation de tabac, en encourageant certaines personnes (peu dépendantes, jeunes, etc.) à ne pas commencer ou à arrêter de fumer. Il faut aussi noter que les hausses du prix de la cigarette ne sont pas toujours synonymes d’entrées de recettes. Selon une estimation de la douane, le tabac fait partie des produits pour lesquels le marché parallèle, celui de la contrebande, fonctionne à merveille.
Face à la montée des prix, le tabac à rouler ou à tuber, acquis à meilleur marché, est devenu très prisé des jeunes. Les sachets de tabac à rouler qui se paient 25 à 50 francs s’imposent aujourd’hui comme alternative à la hausse. Il est devenu le tabac des fumeurs qui ne peuvent changer de cigarette du jour au lendemain. L’autre solution consiste à arrêter de fumer. "Cette fois-ci, c'est trop cher, j'arrête", insiste Moussa, un étudiant de l’Ucad, qui dénomme « Yonou Watatou » le slogan de « Yonou Yokouté » tant chanté par les nouvelles autorités. Arrêter de fumer, c'est la résolution que beaucoup avaient prise, quand le paquet était passé à 600 francs.

lundi 26 novembre 2012

Pourquoi nos leaders d’opinion changent-ils aussi facilement de camp ?



Au Sénégal il est d’une rareté absolue de voir un homme resté constant dans ses convictions et ses pensées nonobstant les différentes propositions dont il fait objet. Combien de fois étions-nous éblouis et convaincus par un homme qu’il soit politicien, journaliste, chanteur, sportif, religieux à travers des discours de droitur

e, de bonne gouvernance, de solidarité, de prospérité, de changement ; qui finalement nous déçoit en se comportant de façon contraire à tout ce qu’il défendait.
Celui qui disait que chaque personne a un prix n’avait pas tort. Personne n’imaginait une seule fois qu’un certain journaliste surnommé l’avocat du peuple, le défenseur de la Patrie serait devant la scène politique pour défendre un politicien dont la richesse proviennent on ne sait d’où. Je ne pensais pas qu’il était si facile de renoncer à ses idées les plus chères pour se mettre à quatre pattes derrière un maître dont on se réclame être le plus clean de tous ses compagnons de règne.
Compagnon de règne car il ne faut pas oublier que ce dernier a eu tout ce qu’il nous a déclaré entre 2000 et 2008. Tenez-vous bien il lui a suffi que de 8 ans de fonctionnariat avec le soutien sans faille du père spirituel pour se faire un patrimoine qui n’a rien à envier à la caverne d’Ali Baba. Voilà quelqu’un qui se lève un bon matin pour nous faire part de ses milliards sans même qu’il ait un brin de décence face aux souffrances des populations devant la vie chère.
Si on se donne le plaisir de poursuivre certains compagnons de route de ce dernier pour enrichissement illicite, ne devrons-nous pas se demander pourquoi une telle injustice ? Si un certain Latif pour sa part du gâteau, se voit être nommé le « Pape » de la bonne gouvernance, on voit nettement les vraies causes d’un acharnement médiatique qu’aurait subi un fils de Président. On devra surtout se poser la question à savoir : comment son mentor s’est débrouillé pour obtenir autant de milliards sous le nez et à la barbe de nos institutions ? S’il parvient à répondre sur cette interrogation, c’est sûr qu’il réussira sa mission de veille sur la gestion de nos deniers dans la grande transparence.
Comment pouvons-nous lutter contre le pillage de nos avoirs si les instigateurs du réveil populaire sont muselés et ligotés à l’aide de juteux avantages. Si ceux qui démantèlent les réseaux étatiques qui font de certaines autorités en un temps éclair des nababs, sont réduits à de simples porte-paroles de ces derniers. Je me demande quand est-ce qu’on aura le droit de rêver d’un Etat sobre et protéger de tout acte de mal gouvernance.
Cela est possible si toutefois les dénonciateurs des actes contraires à la bonne gouvernance se gardent d’être à l’écart des délices du pouvoir. Je vois mal qu’un tel soit dans l’appareil étatique et dénoncer les disfonctionnement de celui-ci à cause de la solidarité gouvernementale. Donc chers partisans de l’équité et de l’indépendance devenez indomptable et incorruptible car le peuple a besoin de vous pour remettre ces pillards de nos deniers publics à leur place. Le fait de pointer du doigt sur tout ce qui est litigieux sur le fonctionnement de l’Etat relève de la politique. Donc vous n’avez pas besoin d’être dans l’équipe gouvernementale pour faire de la politique.
Il est temps qu’on arrête d’utiliser les citoyens pour se servir au premier rang lors du partage du gâteau présidentiel