Isis NoorYalagi, une blogueuse martinico-togolaise, ne croit
pas en l’Union africaine. Invitée d’E-jicom
(Ecole Supérieure de Journalisme des Métiers de l’Internet et de la
Communication), le mercredi 05 juin 2013, elle revient dans cet entretien sur
ses ambitions pour la jeunesse africaine et son désaccord avec les
gouvernements africains. Elle partage également sa vision sur les problèmes
d’environnement.
Union Africaine
« Elle n’a rien fait, elle est inexistante. C’est aux peuples de décider quelle union africaine ils veulent. Parce
qu’en Afrique, il est impossible d’avoir un seul passeport. Les peuples
n’arrivent pas à se déplacer facilement d’un pays
à un autre. Nous devons en tant que peuple
souverain, travailler, faire des comités et faire des propositions à notre
niveau. Il est temps que l’Afrique soit unie, que nous ayons un seul passeport.
Il faut que la donne change. Et c’est à nous de le faire. Cela doit venir de la base, nous ne pouvons rien attendre de ces gens qui
sont en haut parce qu’ils ne voient pas l’intérêt du
peuple ».
Ses ambitions pour l’Afrique
« J’estime que la jeunesse africaine qui constitue 75% de la
population dont 41% a moins de 15 ans, est réellement le devenir du continent.
Il est urgent aujourd’hui de s’occuper de cette jeunesse. Nous devons nous
investir pour que les jeunes puissent avoir une bonne éducation afin de prendre en charge le devenir de l’Afrique.
Son désaccord avec les Gouvernements
africains
Je n’ai rien à faire avec les gouvernements, parce que je n’y crois pas.
Moi je suis mes propres idées. Ce ne sont pas des gouvernements qui s’occupent
de l’être humain. Parce qu’un gouvernement qui ne permet pas à sa population de
pouvoir se soigner, se former gratuitement, se nourrir et vivre en paix n’est
pas une gouvernance à laquelle je devrais faire confiance. Donc je ne crois pas
en elle. Par contre je dis que le peuple
est, lui, légitime. C’est parce qu’il y’a eu des peuples qu’il a eu des gouvernements. Je pense que l’on doit revenir à une société civile consciente qui peut prendre les choses
en main et qui peut faire les choses. Je crois que c’est à nous de décider avec
des structures qu’on a, faire des associations des jeunes des quartiers, des
associations conscientes. Elles peuvent prendre en charge leur environnement en
mettant des poubelles pour le tri, informer et sensibiliser la population.
Sa vision sur la journée mondiale de l’environnement
« Beaucoup de journées existent, mais celle de l’environnement est
l’une des plus importantes. Quoi de plus précieux que de boire une eau saine et
de respirer un air sain ? Je demande à tous
les hommes de faire en sorte que nous puissions revenir à un
environnement de qualité. Arrêtons de consommer tout et n’importe quoi à tout
bout de champ. Faisons attention à ce que nous consommons.
La deuxième chose qui, aujourd’hui,
est réellement mon cheval de bataille est l’agro écologie et l’écologie. Nous
avons tellement abusé de la terre et tellement mal traité que nous sommes à un
point de non retour.
L’écologie et l’agro écologie ne sont pas venues comme ça. Ce sont des gens
qui se sont battus. Je crois aux petits comités pour changer les choses. Je ne
crois pas que ce doit venir des gouvernances, c'est-à-dire de la tête vers la
base. Mais cela doit partir de la base vers la tête parce que le peuple est
souverain.